Au sortir d'un match de très grande qualité de Nico Florentin face à Bordeaux, l'heure est à la reconcentration avant les déplacements périlleux à Lens puis Paris. Retour sur le début de saison du Malherbiste et sur la série délicate qui arrive.
Nicolas Florentin réponds devant d'Ornano. Propos recueillis par M.Geslin (à droite).
Par Mickaël MÉLIGNE
[Source: LeMalherbiste.fr]
Propos recueillis par Mickaël GESLIN avant l'entraînement de ce mardi.
Nico, c'est ta première saison avec Caen au plus haut niveau, ta troisième au sein du club. Quel bilan peux-tu tirer depuis ton arrivée tant sur le plan sportif que humain ? Nicolas Florentin : (...) Je suis satisfait forcément, puisque lorsque je suis arrivé au club, l'objectif était de remonter en L1. La première année, on l'a raté de très peu en finissant 3ème ex-aequo, mais 4ème au goal-average. La saison d'après, on a réussi notre objectif avec une deuxième place au classement. Cette saison, on a mal débuté le championnat, mais aujourd'hui on y est bien installé. A nous de continuer sur cette voie.
Sur le plan humain, j'ai rencontré un groupe spécial. Dans aucun autre club, j'ai pu connaître ça. Cette ambiance sur et en dehors du terrain, mis à part mon passage à Beauvais (...). On retrouve des véritables valeurs où tout le monde mouille le maillot pour tous les autres collègues. L'ambiance en dehors des terrains est vraiment exceptionnelle. Et l'endroit (ndlr. la situation géographique) dans lequel je suis arrivé me plaît aussi.
L'année dernière tu as grandement participé à la remontée avec 37 rencontres sur 38 jouées, titulaire indiscutable, 7 buts et 1 passe décisive à la clé. Ce sont des super stats ! Est-ce que finalement la période caennaise ne correspond-elle pas à la plus belle de ta carrière jusqu'à présent ? Nicolas Florentin : C'est effectivement une très bonne période. Ça rejoint les performances collectives. Ça va de paire. J'avais connu une belle saison également à Nancy où tout s'était assez bien déroulé. Après concernant les stats, je ne m'en occupe pas trop. J'essaie de donner le meilleur de moi même pour que ce soit bénéfique à l'équipe. Tant que l'équipe va bien, je vais bien !
Cette année avec la montée, la concurrence est plus rude. Ton statut a légèrement évolué avec l'arrivée d'Elu notamment. Tu as pris part à 13 matches sur 14 joués dont 4 en tant que titulaire. Comment vis-tu ce changement de statut ? Es-tu satisfait de tes performances personnelles et du temps de jeu qui t'es donné ? Nicolas Florentin : Dans ma tête je n'ai pas vraiment changé de statut. Maintenant, les choix du coach font que par rapport aux statistiques que tu me donnes, je joue peut être un peu moins. Comme je dit, je donne toute. Que ce soit pour 5 ou 95 minutes, je fais du mieux possible pour le club. Il y a sûrement un peu de frustration de mon côté par rapport à l'année précédente où j'ai beaucoup joué. Je ne m'attendais pas forcément bénéficier d'un temps de jeu aussi limité, eu égard à ce que j'ai pu montrer sur le terrain depuis que je suis arrivé. Ce sont les choix du coach et du club. Mais pour autant, je suis toujours aussi bien dans mes baskets que les deux premières saisons.
A l'image de Titi Deroin et de Benj Nivet théoriquement en concurrence, on a pu se rendre compte que l'association Florentin - Eluchans dans un match ça peut marcher ! La polyvalence et l'adaptation des joueurs aux différents postes et systèmes semble être un point fort de l'effectif cette année. Nicolas Florentin : C'est vrai qu'on peut jouer ensemble avec Elu. Que je sois à gauche et lui à droite ou inversement. On a des profils qui nous permettent de pouvoir nous adapter à ces shémas là. Avec Benj et Titi, on peut observer la même chose. On pouvait croire qu'ils seraient en concurrence et finalement il leur arrive de jouer ensemble. Le reculement a été fait comme ça.
Me concernant, même si Elu joue au poste d'ailier gauche, on a un profil complètement différent. Les choix tactiques font que Elu et/ou moi soyons appelés à jouer sur le côté gauche. mais c'est vrai qu'on a prouvé qu'on pouvait jouer tous les deux.
Pour un joueur pro, des soirées comme celle de samedi dernier contre Bordeaux sont géniales à vivre : des buts, la communion avec les supporters... Malgré les faits de jeu extrêmement favorables, le mérite est là. C'est que du bonheur au final ? Nicolas Florentin : Non c'est sûr, c'est que du bonheur. Mais il ne faut pas s'enflammer, il faut bien garder les pieds sur terre. Parce que le chemin est encore long. C'est sûr que 5-0, on avait vraiment envie de gagner contre Bordeaux parce qu'on sait qu'on a deux déplacements difficiles à Lens et à Paris. C'est donc important pour nous de gagner. Les 5 buts marqués sont plus ou moins anecdotiques, on a prouvé aux supporter qu'on était capables de faire de grandes choses face à de grandes équipes. C'est aussi important de marquer pour le goal-average, à la fin du championnat, ça peut faire un point de plus. La communion avec le public, c'est pas nouveau. Qu'on gagne 1-0 ou 5-0, le courant est toujours passé. Mais quand on voit une hola dans le stade, ça fait une belle soirée. On espère franchement en revivre au maximum.
Dès demain, Caen doit déjà remettre le bleu de chauffe, jouer un match en retard à Lens, puis enchaîner samedi au Parc des Princes. On avait peur de la série Bordeaux-Lens-Paris-Lyon-Rennes, avec 3 points pour démarrer et le plein de confiance, ce sera plus facile d'aborder la suite. Comment le groupe appréhende-t-il le déplacement à Lens ? Qu'est-ce qui a été dit et préparé pour éviter de subir une nouvelle désillusion comme ce fut le cas à Valenciennes. Nicolas Florentin : On appréhende toujours les déplacements. Il ne faut pas non plus en faire une montagne. On connaît tous la situation de Lens actuellement. Elle mérite certainement pas d'être à ce classement. On espère évidemment ne pas les relancer. A nous d'appuyer sur ce qu'ils ont du mal à faire et surtout s'appliquer pour ramener quelque chose de là bas. Dans nos têtes, on a aussi envie de marquer un but, puisque ça n'a pas encore été fait en déplacement depuis le début de l'année. Si on veut bonifier nos victoires à domicile, il faut faire des performances à l'extérieur dans des stades comme à Lens ou Paris.
On connaît la situation délicate de Paris, aujourd'hui relégable. Tous les média annoncent la première victoire au Parc de la saison face à Caen. On entend notamment "Pour le PSG, c'est face à Caen ou jamais". Caen n'ira pas certainement pas à Paris la fleur au fusil, mais le contexte du match peut-il être un avantage pour le Stade Malherbe ? Cette vision des média un peu condescendante vis-à-vis du "petit" club de Caen constitue-t-elle pour les joueurs une source de motivation supplémentaire ? Nicolas Florentin : On est toujours motivé de la même manière pour tous les matches qu'on peut jouer. Après, c'est vrai que lorsqu'on peut entendre "On espère se relancer contre Caen... La nouvelle série va commencer contre Caen...", bien entendu qu'on se sent un petit peu vexés. On se dit qu'on a pas envie d'être des "jambons". Forcément, on va être attentifs à tout ça. Et pareil, pour Lens, on a pas envie de les relancer. On a envie de prendre des points. On est légitimement blessés quand on entend dire "Paris, c'est contre Caen ou jamais". On se doit d'être assez mûrs et professionnels pour mettre ça de côté et ne pas se préoccuper de tout ça. Il faut avant tout penser à faire un beau match de football, car on sait que ça passe par là pour faire de bons résultats.
Enorme merci à Nicolas Florentin pour sa disponibilité et sa simplicité. On apprécie toujours la qualité de ses réponses ... aussi interminables que mes questions ! Mais c'est bien connu, Nico est un moulin à paroles ! Bonne chance à lui en tout cas pour ces prochaines échéances.