Bordeaux n'était-il seulement qu'un exploit éphémère? Les Caennais veulent prouver que non! |
Par aurel
[Source: LeMalherbiste.fr]
>
Composition probable du SMCaen <
Lors de son dernier passage en Ligue 1, Caen n’a pas oublié que Lens a rimé avec chance. En effet, vainqueur par un but à zéro lors du match aller à d’Ornano puis réalisant la même performance dans le Nord, le SMC avait vu Lens devenir la seule formation à ne marquer aucun point contre lui. Petit clin d'oeil, le bourreau s'appelait alors Sébastien Mazure, unique buteur lors des deux confrontations. Peut-on alors parler de bête noire ? Il est certain que le football n’est pas une science exacte et que les effectifs des deux formations ne sont en tout cas plus les mêmes, quoiqu’il en soit, on a vu que face à Bordeaux, la malédiction girondine à d’Ornano a atteint son apogée. Il est donc permis d’y croire côté Normand.
Et même plus qu’y croire. Face à Bordeaux, les Caennais ont obtenu la plus large victoire en Ligue 1 de toute leur histoire, et ont par la même occasion, décroché le plus gros carton de cette saison 2007-2008, de plus face à un occupant du podium. Il est donc légitime de penser que les joueurs sont en confiance suite à ce cinglant 5-0 qu’ils ont su administrer sans trembler, avec un culot dont on dira qu’il est propre aux équipes qui osent. Du culot, il en faudra à Lens pour d’une part inscrire enfin un but à l’extérieur, et de l’autre, décrocher la victoire. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : à l’extérieur, sur 6 matches joués, Caen s’est effondré deux fois 3-0 (à Saint-Etienne et Valenciennes) et s’est incliné deux fois 1-0 (à Auxerre et à Nancy) pour deux nuls 0-0 ( Lorient et Monaco). Rien de glorieux donc pour l’équipe pourtant sixième à domicile et qui peine à la 19ème place au classement à l’extérieur.
Cependant, s’il faudra aux Caennais courage et ténacité pour se dépasser à l’extérieur, Lens en aura également besoin en recevant ce SMC revigoré. Après un début de saison agité marqué par l’arrivée de Guy Roux au poste d’entraîneur puis par son rapide remplacement par Jean-Pierre Papin, la formation n’a pas su trouver ses marques et les repères manquent encore. Régulier pensionnaire de la zone de relégation depuis le coup d’envoi de l’exercice, Lens sort péniblement la tête de l’eau comme le prouve son récent match nul du week-end dernier, 1-1 contre Lorient. Avec trois victoires à domicile (Nancy, Auxerre et Saint-Etienne) et une à l’extérieur à Metz, Lens ne fait pas prôner la régularité et inquiète ses supporters. La venue de Caen résonne comme deux sons de cloche : se mettre à jour au niveau des matches joués et réduire son retard sur les équipes de milieu de classement pour ne pas dire adieu aux derniers espoirs européens.
Au niveau des enjeux, l’affiche est alléchante pour les deux clubs. Confirmer pour Caen, se relancer pour Lens, mais bien plus encore car un match en retard est une route dépourvue de toute circulation. La voie est royale sur le classement d’une Ligue 1 plus serrée que jamais. En effet, entre la victime caennaise du week-end passé Bordeaux, classé 3ème et le 18ème et premier relégable Paris, il n’y a que neuf petits points. Un championnat donc homogène et une rencontre Lens-Caen qui donnera l’occasion au vainqueur de se frotter les mains avec satisfaction. Car si Caen l’emportait dans le Nord, le calcul est simple, les Normands passeraient de 18 à 21 points, soit à la 10ème place juste derrière Saint-Etienne tandis que pour Lens, un bond de 7 places seraient envisageable. Pourquoi donc de telles progressions au classement en cas de victoire de l’un ou de l’autre ? Tout simplement car les autres clubs ne joueront pas, le destin du classement de la L1 est entre les mains lensoises et caennaises. Qui a dit que les matches décalés étaient donc si déstabilisants ?
Seuls trois jours se sont écoulés depuis le dernier match de championnat des deux équipes, il est donc légitime de se demander si les organismes se seront remis. Côté caennais, si le match contre Bordeaux les a mis face aux conditions de température les plus froides de la saison, à Lens ce sera sûrement plus froid encore. Les gants de Vincent Planté ne seront donc sûrement pas de trop pour les doigts du portier malherbiste lorsqu’il gardera les cages normandes demain soir. Devant lui le quatuor qui a carrément dégoûté les attaquants girondins sera en toute logique reformé. Seube sur le couloir gauche, Thiam et Sorbon dans l’axe et Hengbart sur son aile droite tenteront de mettre à mal une attaque peu incisive. Au milieu de terrain, tornade attendue par rapport à la formation de samedi. Tout d’abord, Nivet qui avait manqué la fête contre Bordeaux pour cause de suspension devrait être aligné juste devant l’efficace duo de récupérateur composé de Proment et Gomis. Au poste de milieu droit, Grandin très en vue face à Bordeaux tient la corde mais une titularisation de Florentin n’est pas à exclure. Côté gauche, Issam Jemaa devrait faire son grand retour à Bollaert ( rappelons que le Tunisien est prêté cette saison au SMC par le RC Lens) tandis que sur le front de l’attaque, l’homme du match face à Bordeaux, Yoan Gouffran tentera de donner le tournis aux défenseurs lensois.
Du côté des sang et or, l’infatigable public de Bollaert compte sur une victoire de ses protégés, et pour se lancer en quête de réaliser ce vœu, JPP sera privé de Victorino Hilton, son défenseur brésilien et de Kader Mangané car ce joueur n’était pas qualifié lorsque la 6ème journée a été programmée, en Août. En attaque, on peut penser que d’entrée, c’est la doublette Dindane-Pieroni qui tentera de se frotter aux piquants malherbistes. Si la complémentarité des deux joueurs reste à se trouver, soulignons que Pieroni a inscrit de superbes buts cette saison avec Lens, le dernier en date étant un superbe lob face à Lorient. Au milieu de terrain, on devrait retrouver le quatuor Monterrubio ( de retour), Lacourt, Sablé et Ramos, tandis qu’en défense, les quatre hommes qui devront contenir la fougue de Yoan Gouffran et stopper le géant tunisien, Jemaa, seront très certainement Laurenti, Demont, Coulibaly et Aubey. Dans les buts, on retrouvera Runje, le croate.
Match très intéressant en perspective pour deux clubs dont le début de saison a été poussif, mais qui resurgissent peu à peu. Pour Lens comme pour Caen, il s’agira en premier lieu de se donner de l’air par rapport à Paris, Sochaux et Metz, les trois relégables. 2ème acte de la saga des 5 ogres pour le Stade Malherbe à suivre demain à partir de 19H (retransmis sur Foot+ et Vire FM)…